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Waiting Accent

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Si les années 1980 ont tant marqué l’histoire de la mode, c’est que les dernières grandes métamorphoses (voire les ultimes révolutions de style) datent de cette riche décennie. L’image globale de cette époque est attachée aux créateurs français et à la vision d’une femme conquérante haute en couleurs, dont les chantres sont Thierry Mugler et Claude Montana. Mais c’est aussi la décennie qui a vu émerger des artistes japonais et le Belge Martin Margiela, qui a incarné le dernier grand bousculement de codes bien établis.

Aujourd’hui, c’est le côté joyeux et coloré de la mode des eighties et les «collabs», initiées par Jean-Charles de Castelbajac, qui signent leur grand retour. Notre décennie regarde en effet un passé proche dans son rétro. Les années 1980 suscitent la nostalgie chez ceux qui les ont vécues et l’intérêt chez les plus jeunes, qui fantasment une décennie de liberté, de fantaisie et de fêtes au Palace, de frime pour extravertis et d’explosion des diversités.https://www.youtube-nocookie.com/embed/5Z4PIg_q5po

Les outils de communication commençaient alors à se développer, la télévision montrait les défilés en temps réel, MTV diffusait des clips égrenant les looks les plus extravagants… Pour Vincent Grégoire, directeur du pôle «Consumer Trends & Insights» chez Nelly Rodi, «les années 1980 sont les années 1950 plus les années 1930, la fin d’une période bénie et le début du bazar! C’est une énergie dont on voit qu’elle a bouleversé notre société, c’est le début du digital. Les jeunes d’aujourd’hui ont envie de connaître cette période, et en même temps, c’est “OK boomer”

Des couleurs qui pètent
et des épaulettes

Consacrée aux années 1980, une exposition du Musée des arts décoratifs à Paris (du 13 octobre 2022 au 16 avril 2023) met un joyeux coup de projecteur sur cette période prodigieuse. On y retrouve, au début, des silhouettes couture. Mais ces dernières ne représentent pas l’époque, avec leur style figé et démodé, même si les coupes sont belles: la silhouette des années 1980 est incarnée par une femme de pouvoir, conquérante et audacieuse. Son vêtement est à la fois armure et objet de séduction. Il a une forme en «x» avec une carrure élargie, exagérée par la présence d’épaulettes (paddings), mais la taille demeure fine.

La robe en cuir très épaulée de Claude Montana, pour sa collection printemps-été 1979,
dans l’Officiel de la couture et de la mode de février 1979. | © Michel Picard / Éditions Jalou

Si aujourd’hui, les carrures démesurées ont un petit air des années 1980 (de retour chez nombre de créateurs), elles ne sont pas associées à une taille de guêpe. Le vêtement est plus ample, droit ou même large. Pour Vincent Grégoire, «les carrures sont là, mais on est dans l’oversize, dans le confort, dans le loose, à part quelques silhouettes kardashianesques».

Une des explications de ce retour des épaulettes pourrait se trouver dans la crise liée à la pandémie de Covid et de l’explosion du télétravail. L’élément à mettre en valeur est redevenu le haut du vêtement, comme pour les présentatrices des débuts de la télé. C’est le cas d’une robe blanche d’Andreas Kronthaler pour Vivienne Westwood, portée par Sybil Buck.

Dans les années 1980, la couleur s’affirmait, vive, et égayait les podiums; aujourd’hui, on la retrouve dans ce que l’on nomme «color block», soit l’art de mélanger des pièces flashy et vitaminées. Thierry Mugler et Claude Montana la travaillent en monochrome, quand Jean-Charles de Castelbajac –qui a récemment prolongé sa partition chez Benetton– préfère la jouer polychrome. L’exposition rend d’ailleurs hommage au rôle de pionnier, résolument avant-gardiste, de Jean-Charles de Castelbajac, sans oublier son humour –il est notamment le créateur d’un haut en couleurs poncho K-Way pour deux.

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